Music par Lionel 02.01.2014

Le streaming bientôt plus profitable que les ventes ?

Le streaming rapporterait plus aux maisons de disques que les ventes digitales et physiques.

Les courbes se seraient-elles enfin croisées ? D’après une étude de données menée par The Wall Street Journal, une maison de disques basée aux USA remporte en moyenne plus d’argent sur un an grâce aux services de streaming musicaux tels que Spotify plutôt qu’avec les ventes digitales et physiques combinées.

Aux États-Unis, lorsqu’un client prend un abonnement « premium » de un an à un service de streaming, il rapporte 16$ à la maison de disques, alors que celui qui va acheter des morceaux en digital ou en physique rapporte seulement 14$ par an.

De plus en plus de musiciens, célèbres à une échelle plus ou moins importante, tirent une part substantielle de leurs revenus du streaming. Cependant, seuls les artistes connaissant une grande notoriété peuvent gagner beaucoup d’argent grâce aux plate-formes de streaming. Par exemple, les rémunérations à l’écoute de Spotify varient entre 0,006 et 0,0084 dollars par écoute d’un titre. Si ce dernier est écouté 10 000 fois, alors l’artiste touchera entre 60 et 84 dollars. Des artistes comme Avicii (auteur du hit « Wake Me Up », très grand public et sur-écouté), gagnent ainsi plus d’argent grâce au streaming que par leurs ventes digitales et physiques. Une raison à cela : le modèle économique du streaming est basé sur un usage continu du service, et sur l’espoir de la répétition des écoutes dans le temps, contrairement au marché de la vente, qui concentre la plupart de ses efforts sur la première semaine de commercialisation.

Le streaming est donc le futur de l’industrie du disque ? Pour les artistes majeurs qui comptabilisent de nombreuses écoutes, la réponse ne fait pas de doute… Pour les autres, forcément, c’est plus difficile. Si le streaming, dans l’idéal, représente mieux l’état des musiques actuelles en plaçant le taux d’écoute comme baromètre principal (l’usager ayant accès à une bibliothèque énorme et surtout transversale, contrairement aux nœuds de vente qui mettent en avant les produits les plus rentables et marketés), les revenus proposés ne pourraient suffire à subvenir aux besoin des artistes émergents, qui ne peuvent pas taper dans les centaines de milliers d’écoutes nécessaires pour assurer un revenu professionnel. Il ne reste plus qu’à espérer que la croissance des plate-formes de streaming continue, pour que la rémunération « par stream » puisse naturellement augmenter et ainsi atteindre un niveau satisfaisant pour tous les musiciens.

Pour continuer la réflexion, un tableau qui résume le pourcentage des revenus digitaux en 2012 par pays… Les USA, sur lequel l’étude ci-dessus s’est penchée, restait loin derrière le monde scandinave pour l’utilisation des services de streaming. Gageons que ce tableau n’aura pas le même visage lorsqu’il sera possible d’analyser les données de 2013.

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