Music par Francois 15.02.2013

Prince, les cinq anecdotes qui font sa légende

Alors que le maître du R&B effectue un retour inattendu, nous revenons sur quelques unes des facettes extra-musicales qui font sa légende.

Avec une quarantaine d’albums, une centaine de singles, cent cinquante vidéos et quantités d’excentricités, Prince est l’une des légendes vivantes les plus passionnantes de la musique. Le Kid de Minneapolis revient une énième fois sur le devant de la scène avec une poignée de nouveaux morceaux, l’un d’entre eux, dénommé « Screwdriver », possédant même un clip visible pour 1,77$, via son site internet. L’occasion parfaite pour revenir sur les détails qui ont fait de lui un mythe.

 

Il est à l’origine de la création du sigle Parental Advisory : Explicit Lyrics

Il était ainsi la première cible de ce logo apposé sur les pochettes de disques pour prévenir les consommateurs que les paroles de l’album en question contiennent des propos sexuels ou incitations à des comportements transgressifs. La femme de l’ex vice-président américain Al Gore, Tipper Gore, aurait surpris sa fille de 12 ans Karenna en train d’écouter le morceau « Darling Nikki » (présent sur l’album Purple Rain sorti en 1984), dans lequel Prince parle crument de l’une de ses amantes. L’incident poussera Tipper Gore à créer l’association Parents Music Resource Center, qui mettra en place ce fameux sigle. Notons que l’association avait établi un classement des quinze chansons les plus répréhensibles de l’histoire, Prince figurant à la première, la seconde (à cause d’une chanson écrite pour la chanteuse Sheena Easton) et la quatrième place (même schéma, cette fois-ci pour sa muse Vanity).

 

En tête de tous les charts

Prince a réussi l’exploit d’être le premier chanteur à se retrouver aux États-Unis simultanément au top du classement des meilleures ventes d’albums, de singles et même du box-office ! En 1984 parait Purple Rain, étrange drame musical et fascinant conte rock quasi-autobiographique, qui déguise à peine le chanteur derrière le personnage de The Kid (les autres personnages portent presque tous leur vrai nom). Le film est un énorme succès pour Prince comme pour Warner Bros, puisqu’il prendra la tête du box-office, que les singles « When Doves Cry » et « Let’s Go Crazy » seront n°1 des ventes et que l’album en question se vendra à plus de 20 millions d’exemplaires, obtenant la place de 15e plus grand album de tous les temps pour Time Magazine. La suite du film, Graffiti Bridge, tombera elle dans la catégorie flop.

Prince – « Purple Rain »

 

Prince se prend pour le messie

En 1988, Prince s’apprêtait à sortir The Black Album. Alors que 500.000 exemplaires étaient déjà pressés, Prince a fait arrêter le processus et rappeler toutes les copies, apparemment frappé par un présage des dieux qui lui auraient révélé la nature diabolique de l’album. Seules quelques copies promotionnelles circulaient en Europe. Prince n’aura depuis cessé de créer la polémique avec la religion. Élevé en protestant, il se verra occasionnellement moqué pour sa tendance à se présenter comme une figure christique, notamment dans Graffiti Bridge. Le vrai scandale viendra de sa décision de rejoindre les Témoins de Jéhovah en 2001 et des déclarations qui suivront, condamnant étrangement le libertinage sexuel ou l’homosexualité. Il dira au Guardian à propos de l’Islam : « c’est amusant d’être dans un pays musulman. Il y a de l’ordre, tu portes la burqa, tu n’as pas le choix et les gens sont heureux comme ça ».

 

Prince le chaud lapin

Prince s’est toujours présenté en sex-symbol dans ses clips, entourées de jeunes femmes fascinées par son androgynie vocale et physique. Il aura vécu quelques éclatantes romances au siècle dernier, sortant notamment avec Kim Basinger à la toute fin des années 80. On entend d’ailleurs les deux converser lascivement sur « The Crime », morceau finalement écarté de la bande originale du premier Batman, dans lequel Kim jouait et pour lequel Prince avait composé un album entier. Un peu plus tôt, en 1985, il avait entretenu une brève relation avec Madonna, avant d’apparaître sur sa chanson « Love Song » en 1988. Les deux ont depuis pour habitude de s’affubler de noms d’oiseaux, Madonna ayant notamment traité Prince de « petit troll ». Au début des années 90, il ira même jusqu’à signer la distinguée Tara Leigh Patrick sur son label Paisley Park avant de la renommer Carmen Electra et de lui produire son premier et unique album. Elle le remerciera en affirmant plus tard qu’il est un très mauvais coup.

Carmen Electra – « Go-go Dancer »

 

Dynamiteur de l’industrie musicale

Prince a toujours pris un malin plaisir à tout faire pour bousculer le protocole. Véritable vache à lait pour Warner Bros dans les années 80, il rentrera vite en conflit avec la maison de disques. En 1992, il sort ce qui plus tard serait baptisé le Love Symbol Album, ne faisant figurer sur la pochette que le symbole ci-contre, mélange des deux signes féminins et masculins. Il forcera ainsi Warner à une campagne massive d’envoi de disquettes contenant la police de caractère correspondante, à toute la presse. Le conflit s’intensifie alors que la Warner tente de ralentir la parution des albums de Prince, craignant une saturation qui plombera effectivement les ventes. En 1996, la séparation est effective. Dès la fin des années 90 il est pionnier dans l’utilisation d’Internet, y distribuant nombre de ses nouveaux disques. En 2007, il changea à nouveau la donne en distribuant son album Planet Earth en supplément du journal anglais The Mail On Sunday, créant un conflit avec les distributeurs et son label Sony BMG. Il généralisera l’expérience sur son dernier album en date 20Ten (qui sera distribué en France comme supplément de Courrier International) au moment même où il sabordait son propre site web, déclarant Internet « complètement fini ». Jusqu’à aujourd’hui.

Purple Rain Movie Trailer

 

prince2013.com